L'Auvergne Agricole 05 janvier 2017 à 08h00 | Par Sophie Chatenet

En vidéo > L'eurodéputé Michel Dantin : "La prochaine réforme de la PAC attendra 2023"

A l'invitation des agriculteurs du Massif central, l'eurodéputé, Michel Dantin était présent hier en Auvergne. Au menu des échanges : la PAC, ses ajustements et sa prochaine réforme, qui pourrait, selon lui, n'intervenir qu'en 2023. D'ici là, des correctifs sont envisagés, en particulier sur le sujet crucial du droit de la concurrence.

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Interview de Michel Dantin. © Pamac

Salle comble, mercredi dernier, à Aubière où les responsables professionnels de la Copamac-Sidam recevaient le député européen, Michel Dantin. De l’Allier au Lot, en passant par la Loire, la Creuse, la Haute-Loire, la Corrèze, l’Aveyron, le Cantal… peu de départements manquaient à l’appel, preuve de l’intérêt suscité par l’un des plus ardents défenseurs de l’agriculture à l’échelle européenne.Celui qui siège à la Commission de l’agriculture et du développement rural du Parlement européen (voir encadré ci-contre) a livré de précieuses informations aux responsables professionnels. D’abord sur le calendrier, selon Michel Dantin «il n’y aura pas de réforme de la PAC en 2020. Dès cette année, nous devrions assister à une réforme partielle de la PAC actuelle. La prochaine réforme sera pour 2023». Plusieurs arguments abondent cette hypothèse : «La dernière réforme a fait apparaître des manques qui nécessitent des corrections. Le Brexit va forcément fragiliser l’édifice européen, dans la mesure où le Royaume-Uni était contributeur net à hauteur de 10 milliards d’euros. Tant que le problème budgétaire ne sera pas réglé, il n’y aura pas de grande réforme d’autant que les élections européennes interviendront en 2019, au moment du renouvellement de la Commission».

Sortir l’agriculture du droitde la concurrence

Si l’actuel commissaire européen à l’agriculture, Phil Hogan, n’associera, a priori, pas son nom à une réforme de la PAC, il souhaite être l’artisan d’une modification attendue des équilibres sur la chaîne alimentaire. Autrement dit, faire bouger un certain nombre de lignes notamment sur le droit de la concurrence. Les députés européens dont Michel Dantin planchent ainsi actuellement sur l’Omnibus, un texte en forme de train de mesures visant à corriger la politique agricole commune en circulation. Plusieurs sujets pourront potentiellement entrer dans l’Omnibus, parmi lesquels : la définition de l’actif agricole, les contrôles, le verdissement, le droit de la concurrence…


«Ces quelques centimes d’euros sur les prix qui feront la différence»

«Ce volet du droit de la concurrence prévu par le Traité de Rome et repris par le Traité de Lisbonne, permettant une adaptation spécifique au secteur agricole, il faut le mettre en œuvre», martèle Michel Dantin. Derrière, il s’agit évidemment de renforcer le pouvoir de négociation des producteurs face à l’aval lorsqu’ils s’organisent collectivement. «On sait bien que quelques centimes au kilo transférés en forme de valeur ajoutée vers l’aval, c’est une marche supplémentaire pour l’éleveur qui au final sera bien supérieure à la revalorisation des aides à l’hectare». La profession agricole ne dit pas autre chose quand elle réclame davantage de prix. Et c’est évidemment avec beaucoup d’attention que non seulement, elle suivra les débats de ces prochains mois à Bruxelles, mais dès la semaine prochaine, une délégation de la Copamac-Sidam, emmenée par ses deux présidents, Patrick Bénézit et Tony Cornelissen se rendra sur place pour rencontrer l’équipe du cabinet de Phil Hogan. Une étape supplémentaire pour mettre en avant les positions du Massif central. Pour l’après et la future réforme de la PAC, Michel Dantin n’imagine pas avancer autrement qu’en modifiant profondément les fondamentaux : «Quand, selon les termes d’un texte européen, nous en sommes rendus à calculer l’ombre d’un arbre, on se dit qu’il est grand temps de changer de logiciel».

Sophie Chatenet

Michel Dantins aux côtés des responsables agricoles du Massif central.
Michel Dantins aux côtés des responsables agricoles du Massif central. - © Pamac

Pour aller plus loin

Un train de mesures bientôt sur les rails pour corriger la PAC en circulation

Retrouvez l'intégralité de l'article consacré à la visite de l'eurodéputé Michel Dantin dans la prochaine édition de votre journal agricole.

De la FDSEA au Parlement européen : Un député qui a fait ses premières armes dans le syndicalisme

Né le 15 janvier 1960 à Lyon, Michel Dantin a débuté sa carrière dans le syndicalisme agricole. Entre 1981 et 2002, il occupe diverses fonctions au sein des organisations professionnelles agricoles du département de la Savoie, et notamment celle de directeur de la FDSEA entre 1990 et 2002. En 2002, il rejoint le cabinet de Hervé Gaymard, alors Ministre de l'Agriculture, en tant que Conseiller chargé de la Montagne et de l'Environnement. De 2004 à 2005, il suit Hervé Gaymard au Ministère de l'Économie et des Finances. Michel Dantin regagne ensuite le Ministère de l'Agriculture en tant que Conseiller auprès de Dominique Bussereau, chargé de l'Aménagement du territoire, de l'Environnement et de la mise en oeuvre de la PAC. De 2007 à 2009, il travaille aux côtés de Michel Barnier en tant que Conseiller spécial chargé de l'Aménagement durable et de l'Enseignement technique. Elu local, Michel Dantin est maire de Chambéry Les Républicains depuis 2014, il a été auparavant conseiller municipal, mais aussi conseiller général de Savoie (vice-président en charge de l'environnement entre 1994 et 1998). Investi dans la protection de l'eau et des milieux aquatiques, le député européen assure la présidence du Comité de Bassin Rhône-Méditerranée-Corse de l'Agence de l'eau depuis 2008. Elu député européen en 2009 de la circonscription Sud-Est, puis réélu en 2014, Michel Dantin est membre titulaire de la Commission de l'agriculture et du développement rural et membre suppléant de la Commission de l'environnement, de la santé publique et de la sécurité alimentaire.

SC

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