L'Auvergne Agricole 02 mars 2016 à 08h00 | Par C.Rolle

L’artisanat n’est pas une voie par défaut !

Dans le cadre de la semaine de l’artisanat du 11 au 18 mars, les artisans du Puy-de-Dôme se mobilisent pour valoriser leurs métiers auprès des jeunes et leurs familles.

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Autour de Serge Pagel, président de la Chambre des métiers du Puy-de-Dôme et Jean-Luc Helbert, président de l’UPA 63, trois jeunes artisans ont raconté leurs parcours.
Autour de Serge Pagel, président de la Chambre des métiers du Puy-de-Dôme et Jean-Luc Helbert, président de l’UPA 63, trois jeunes artisans ont raconté leurs parcours. - © C. Rolle

«On ne devient pas artisan par défaut mais par passion du métier» : c’est par cette phrase choc et sincère que Jean- Luc Helbert, boucher de son état et président de l’Union des professionnels de l’artisanat (UPA) du Puy-de-Dôme, a présenté l’opération «artisanat DREAM». Un projet insolite et unique en France dont l’objectif est de valoriser les 250 métiers de l’artisanat auprès des jeunes et leurs familles, de les informer, de les accompagner à partager la vie quotidienne d’un artisan et de susciter des vocations. «Nous voulons montrer qu’avec des parcours différents (ndlr : CAP, Bac pro ou bac +2, …) tout le monde peut trouver sa place dans l’artisanat» explique Jean-Luc Helbert.

 

Des outils de communication d'aujourd'hui ! 

Des opportunités de carrière existent dans le milieu de l’artisanat et qui mieux que les artisans pour en parler ! C’est dans ce sens que l’UPA du Puy-de-Dôme qui rassemble 12 500 artisans répartis au sein des organisations professionnelles du bâtiment (CAPEB), de l’alimentation (CGAD) et des services (CNAMS), propose une série d’animations spécifiques à destination des jeunes. Le dispositif repose sur une communication multi-supports et mettant en scène les différents parcours d’une douzaine d’artisans.

Trois supports sont ainsi proposés : un ouvrage original haut en couleur présentant 12 artisans, 12 itinéraires, 12 portraits différents, distribué gratuitement dans les collèges et les CIO ; un site web (www.artisanat-dream. com) pour aller à la rencontre d’un artisan du Puy-de-Dôme dans son entreprise durant deux heures, découvrir son métier et échanger sans tabou sur l’activité ; une page Facebook (www. facebook.com/upa63) avec actus, portraits et vidéos permettant de découvrir toutes les facettes de l’artisanat.

À la rencontre des collégiens

Durant la semaine de l’artisanat, l’UPA 63 se rendra également dans les collèges volontaires du département afin de rencontrer et d’échanger avec les élèves des classes de 4ème et 3ème. «Aller au contact des jeunes est un véritable enjeu pour les professionnels de l’artisanat qui ont besoin aujourd’hui de revaloriser leurs métiers et de susciter des vocations, explique le président de l’UPA. C’est indéniablement un secteur créateur et générateur d’emplois avec plus de 3 millions d’actifs partout en France». L’artisanat propose chaque année 100 000 embauches et annonce un départ à la retraite de 3 000 actifs dans les 10 ans à venir.

- © C.Rolle

Franck Taillandier, artisan boucher à Ceyrat

«Un métier difficile mais passionnant»

 

Avant de s’installer à son compte en 2005, Franck a d’abord suivi et obtenu un CAP de chaudronnier. Mais les perspectives d’avenir lui paraissaient moroses. C’est en observant son cousin boucher à Lezoux qu’il décide de se réorienter et de passer un CAP de boucher. Il a alors 16 ans. Il suit ensuite une formation de traiteur, travaille pendant 6 ans dans un magasin alimentaire dont il devient très vite responsable du rayon boucherie, «le temps de faire mon expérience» explique Franck Taillandier. «Mais mon ambition était d’être mon propre chef, de travailler pour moi». En 2005, Franck reprend alors une ancienne boucherie à Ceyrat. «Les débuts ont été difficiles, reconnaît-il. Il m’a fallu faire beaucoup de travaux et beaucoup d’investissements et de concessions pour transformer le magasin et le labo. Je n’ai pas pris de vacances pendant 6 ans ! Mais je ne regrette rien car c’est un choix de vie». Aujourd’hui Franck vit de son métier. Et il aime ce qu’il fait malgré le nombre d’heures et les week end travaillés. Il propose des produits de qualité et travaille en direct avec des éleveurs locaux.

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