L'Auvergne Agricole 06 mai 2015 à 08h00 | Par Mélodie Comte

Moins de subventions pour la lutte contre le campagnol

Les actions de la FDGDON s’amenuisent en corrélation avec la baisse des subventions, pourtant l’activité des ravageurs ne faiblit pas.

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La présence du campagnol terrestre se fait moins ressentir depuis quelque temps, mais certains secteurs sont encore lourdement touchés.
La présence du campagnol terrestre se fait moins ressentir depuis quelque temps, mais certains secteurs sont encore lourdement touchés. - © Christian Gloria

La FDGDON(1) du Puy-de-Dôme a tenu son assemblée générale annuelle le 23 avril dernier à Lempdes. L’activité de la structure ne cesse de se développer mais aussi de se diversifier. En proie à des réductions de subventions, la fédération est contrainte à multiplier ses services. Un fait qu’a longuement rappelé le président, Philipe Bonhomme. « En 2014, la FDGDON a été contrainte de réduire ses activités relatives à la problématique du campagnol terrestre, notamment la surveillance biologique du territoire du fait de l’arrêt des subventions de la part du ministère de l’Agriculture et du Conseil général. Les actions d’animation de réunions, de formations et de vulgarisation ont pu être maintenues grâce, d’une part, aux subventions allouées par le FEADER, fonds européen agricole pour le développement rural, et d’autre part grâce aux adhésions. Les difficultés financières liées à l’arrêt des subventions mettent en péril notre structure. Afin de compenser ces difficultés, la FDGDON a choisi de diversifier, dans la mesure du possible, ses activités. De ce fait, il a fallu trouver d’au-tres missions rémunérées pour assurer la survie de notre fédération. »

 

Des actions multiples

Depuis 2014, la FDGDON anime le BSV Ail à destination des producteurs d’Auvergne et organise également, à destination des agents de collectivités territoriales, des formations Certiphyto. Une diversité d’activités qui ne plait pas totalement au président qui regrette de délaisser les suivis du campagnol terrestre. «Notre organisme adapte ses missions en fonction de ses financements, et non en fonction des besoins du terrain. Les cotisations versées nous permettent de poursuivre notre travail sur le campagnol terrestre mais de manière insuffisante. A l’heure actuelle, nous ne pouvons assurer un temps plein sur le département, dans ce domaine, pourtant si important.»

 

Toujours dans les campagnes

En ce qui concerne le campagnol terrestre, l’année 2014 a été calme hormis sur les secteurs de Tauves et La Tour d’Auvergne qui subissent un pic d’activités depuis trois ans déjà. Dans le Cézallier, le mammifère a également fait son nid dans le courant de l’été prenant de vitesse bon nombre d’agriculteurs. Les moyens de lutte sont peu nombreux et strictement encadrés pour des raisons environnementales. Depuis plusieurs années, la FDGDON infor-me et forme les agriculteurs à combattre le campagnol avant même qu’il ne s’installe. «Nous savons tous que la lutte chimique n’est pas le remède miracle mais elle fait partie des méthodes de lutte raisonnée pour réduire l’impact des pullulations de campagnols. Sans elle, combattre ce ravageur serait difficile, voire même impossible. » Cependant la bromadiolone fait régulièrement l’objet d’arrêtés réglementant de ma-nière très stricte son utilisation.

La FDGDON a donc réalisé durant plusieurs années des essais pour tenter de trouver une méthode alternative. « 2014 a été la cinquième et dernière année d’essai du Rouleau Top, étude financée par le ministère de l’Agriculture. Cette expérimentation a montré l’efficacité du Rouleau Top au bout de quatre années de passage de l’outil, au printemps et à l’automne. »

 

Une caisse pour aider les agriculteurs

Outre des soutiens techniques, la FDGDON rappelle également sa volonté de soutenir les éleveurs lourdement touchés par le campagnol terrestre.

« Pour venir en aide aux agriculteurs qui subissent les pullulations de campagnols terrestres, un fonds de mutualisation «campagnol » a été créé et financé par une cotisation affiliée à la Msa, prélevée auprès de 520 000 exploitants. Ce fonds devrait permettre de financer l’achat de matériel, de produits de lutte et le recours à des prestataires de service. Il sera réservé aux zones de lutte obligatoire, sur lesquelles des contrats auront été signés courant d’année 2015. Cela se traduira par une journée de formation et un suivi de l’exploitation signataire sur 5 ans. Par ail-leurs, une caisse «ruminants» pour indemniser les pertes fourra-gères liées aux pullulations de campagnols est en cours de création.»

 

(1) Fédération Départementale de la Gestion des Organismes Nuisibles.

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