L'Auvergne Agricole 10 février 2016 à 08h00 | Par Mélodie Comte

Les producteurs appellent les distributeurs à travailler ensemble

A l’occasion de l’assemblée générale de la FDPL et la présence de Thierry Roquefeuil, président de la FNPL (lire p. 6), les producteurs de lait se sont mobilisés à Theix.

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Une trentaine d’agriculteurs se sont rassemblés devant l’usine de Theix.
Une trentaine d’agriculteurs se sont rassemblés devant l’usine de Theix. - © M.COMTE

Les exploitations laitières souffrent plus que jamais. Le prix du lait 2016 s’est dégradé par rapport à 2015 et ne couvre plus les coûts de production. Les mesures annoncées suite aux actions de l’été ne suffisent pas à sauver les éleveurs. Parallèlement, en magasin, le prix des produits laitiers n’a pas bougé. Une situation où chacun est en droit de penser que la valeur ajoutée sur ces produits existe bel et bien. Cependant, à qui profite-t-elle ? Lors de l’assemblée générale de la FDPL du Puy-de-Dôme, le 9 février, qui accueillait pour l’occasion Thierry Roquefeuil, président de la FNPL, la question n’a laissé personne indifférent. Les éleveurs, bien décidés à trouver des réponses et à demander le partage de cette valeur ajoutée, se sont rassemblés devant l’usine de Theix.

 

Un feu pas vraiment de joie

Ils étaient près de 40 agriculteurs à s’être réunis devant l’usine de Theix. Autour d’un feu de bois improvisé, ils ont tenu la place malgré les rafales de vent et la pluie battante. Leur intention n’était pas de dégrader ou de bloquer la laiterie mais plutôt de se faire voir et entendre. Les producteurs ont appelé l’usine à ouvrir grand ses oreilles. « Nous ne pouvons pas toujours être dans le conflit. Nous sommes pour proposer des solutions. Les producteurs laitiers s’enterrent dans leur exploitation. Il est plus que temps que les industriels cessent de penser à leurs propres intérêts et entendent ce que nous avons à proposer» explique David Chauve, président de la FDPL 63.

 

Une charte pour des valeurs

Parmi les solutions évoquées : la «Charte des Valeurs». Rédigée par la FNPL, ce document tient à unifier producteurs et industriels afin de conforter l’ensemble de la filière. Transparence, partage et revalorisation sont les grands mots de cet accord, pas encore signé par les distributeurs. D’après Thierry Roquefeuil, président de la FNPL cette charte serait un atout de taille pour la production laitière. «Elle permettra de fixer un prix du lait permettant aux producteurs de couvrir les coûts de production. Elle établira également une transparence dans les relations commerciales entre producteurs et distributeurs. L’enjeu est de partager la valeur ajoutée issue de la transformation du lait. De nombreux produits laitiers se vendent bien en France. Il n’y aucune raison pour que les producteurs soient payés 280 € voire moins pour 1 000 litres». (lire en détail p.6) A cette heure, le ministre de l’Agriculture semble soutenir la démarche. Cependant, les producteurs se demandent quelle sera la position de son possible successeur. En effet, depuis plusieurs jours, des doutes apparaissent sur le maintien de Stéphane Le Foll à la tête de ce ministère...

«Nous avons besoin du soutien du gouvernement pour faire signer cette charte à tous les distributeurs. Si elle venait à ne pas être ratifiée, je crois que certains devront prendre gare à la colère de la profession».

Des mobilisations encore attendues cette semaine

 

Dans les départements du Massif central, les agriculteurs restent sur le pont. Alors que des responsables du ministère de l’Agriculture et du ministère des Finances devaient participer ce mercredi à Clermont-Ferrand à la réunion de la commission d’expertise sécheresse, des actions ont été menées dans les quatre départements d’Auvergne ainsi que dans la Loire et l’Ardèche. Les responsables FNSEA-JA de ces six départements dénoncent le coup bas de l’Etat, comme le rappelle Patrick Escure, président de la FNSEA Auvergne : «A l’automne, les pertes ont été identifiées très clairement par les commissions locales et départementales. Le boulot a été fait par les préfectures et les DDT. L’état de calamités sécheresse ne faisait aucun doute. Or aujourd’hui, des experts de Paris ont décrété que les taux de perte devaient être revus à la baisse. C’est inadmissible ! ».

Outre ce dossier de calamités sécheresse, les agriculteurs redoublent de vigilance quant à la mise en œuvre des mesures d’urgence et la réouverture du dialogue sur les prix. Dans ce cadre une grande mobilisation, à l’échelle du Massif central pourrait intervenir dans le milieu de la semaine prochaine.

S.Chatenet

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