L'Auvergne Agricole 15 octobre 2014 à 08h00 | Par Fabienne Antheaume

La MSA, un atout pour la protection sociale des agriculteurs

A la veille d’échéances électorales, l’Association Agir Ensemble(1) a choisi la protection sociale agricole comme thème de sa première conférence débat.

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Les participants de la table ronde : Gilles Chocheyras administrateur de la MSA Auvergne (2), Anne Gautier, administratrice de la CCMSA et Christian Gouy, Président de la section employeurs de la FDSEA 43.
Les participants de la table ronde : Gilles Chocheyras administrateur de la MSA Auvergne (2), Anne Gautier, administratrice de la CCMSA et Christian Gouy, Président de la section employeurs de la FDSEA 43. - © Udsea 63

Lundi 13 octobre, s’est tenue une conférence débat sur le thème : « La protection sociale agricole : quelles spécificités ? Quels enjeux pour demain ? ». Organisée par l’Association Agir Ensemble, en partenariat avec l’UDSEA et les Jeunes agriculteurs 63, l’objectif était de faire un état des lieux du régime agricole actuel et de mettre en perspective ses enjeux pour demain. Les débats se sont tenus autour d’une table ronde à laquelle ont participé Anne Gautier, administratrice de la Caisse centrale de MSA et Présidente de la MSA du Maine-et-Loire, Gilles Chocheyras(2), administrateur de la MSA d’Auvergne et Christian Gouy, représentant du syndicalisme et président de la section employeurs de la FDSEA de Haute-Loire. Ils ont permis de mettre en avant à la fois les atouts du dispositif actuel et les améliorations à y apporter.

 

- © UDSEA 63

Un système aux atouts parfois oubliés

Comme cela a été rappelé dans les débats, le régime agricole est souvent décrié pour le montant des cotisations appelées. Au point même que certains pourraient être tentés de le rejeter au profit du régime général. Pourtant, celui-ci présente des avantages spécifiques que n’ont pas manqué de rappeler les intervenant de la table ronde.

Un guichet unique pour simplifier les démarches. La MSA est l’interlocuteur unique pour tous les événements qui concernent l’embauche, la retraite, la maladie, les accidents, les allocations… alors que pour les autres secteurs d’activité, chaque situation est gérée par une structure distincte.

Des interlocuteurs de proximité. Malgré un récent regroupement des caisses de MSA, la présence de délégués, élus dans les cantons, constitue un réseau de terrain pour accompagner les personnes affiliées.

Une réactivité aux situations de crise. En cas de crise, la MSA active des dispositifs pour accompagner le plus tôt possible les agriculteurs et les exploitations en difficulté : échéanciers de paiement, prise en charge partielle des cotisations et accompagnement social des familles. De plus, la remontée des informations aux conseils d’administration des caisses permet de rechercher les solutions les plus adaptées économiquement et socialement.

Des services pour le milieu rural. Fort de son réseau d’élus de terrain, la MSA a développé des dispositifs adaptés au milieu rural comme les Maisons d’Accueil Rurales pour Personnes Agées (MARPA) ou des formules spécifiques de crèches… Elle accompagne aussi des services destinés à améliorer la qualité de vie des agriculteurs et des personnes vivant en milieu rural et propose des services complémentaires à la protection sociale : aides ménagères, portage de repas, téléassistance,…

Un interlocuteur des pouvoirs publics. Au niveau national, la MSA est reconnue par les Pouvoirs publics comme un acteur majeur de la protection sociale, et dans certains cas, il est même l’unique interlocuteur des Pouvoirs publics et des parlementaires sur les questions de protection sociale. La présence d’élus au sein des caisses reflète une vision de l’organisation du régime où l’Etat ne doit pas être le seul décisionnaire.

 

Des améliorations à travailler

En représentant du syndicalisme, Christian Gouy a soulevé la nécessité de revaloriser certaines prestations de la MSA à l’avenir : les indemnités journalières récemment acquises, les rentes d’invalidité, les retraites. Les élus MSA ont assuré que ces chantiers étaient en cours. Anne Gautier a aussi rappelé la difficulté à trouver le juste équilibre entre cotisation et prestation. Améliorer la prise en charge nécessite d’augmenter les prélèvements. Par ailleurs, Gilles Chocheyras a souligné que la revalorisation des petites retraites s’est faite sur la solidarité professionnelle et non la solidarité nationale comme annoncé par le Président de la République.

Les enjeux que porte la MSA sont essentiels pour les agriculteurs et leur famille. Le régime actuel est perfectible et son amélioration nécessite l’implication du plus grand nombre : affiliés et élus. A ce titre, les prochai-nes élections revêtent une échéance importante pour la profession.

 

(1) L’Association Agir Ensemble regroupe 14 organisations professionnelles présentes sur le Puy de Dôme : UDSEA, JA, Limagrain, MSA, Groupama, SAFER, Elva Novia, FDCSL, Sucrerie de Bourdon, EDE, COPAGNO, AER, FDCUMA et CERFRANCE Puy-de-Dôme Avenir.

 

(2) A compter du 1er octobre 2014, Philippe Panel a succédé à Gilles Chocheyras à la présidence de la MSA Auvergne.

Agri’écoute, un numéro d’urgence pour les agriculteurs

 

S’attaquant au problème des suicides en milieu agricole, la MSA a mis en place un numéro d’appel national depuis le 13 octobre. Accessible 7 jours sur 7, 24h sur 24, le service est joignable au 09.69.39.29.19. Au bout du fil, des professionnels de l’écoute disponibles pour les agriculteurs qui souhaitent exprimer leur désarroi, de façon anonyme. Gérard Pelhâte, président de la MSA, se veut très attentif aux risques psychologiques des agriculteurs et salariés agricoles, même si ce nouveau service n’est pour lui « qu’un des volets » de ce que peut faire la MSA pour accompagner ses adhérents à ce niveau. D’autres actions se font sur le terrain par les travailleurs sociaux de la MSA, comme les groupes de paroles ou les spectacles sur le thème, pour permettre aux gens d’exprimer leurs problèmes. Pour la MSA, cet accompagnement est nécessaire, peut-être davantage en cette année difficile qui « appelle à la vigilance », note Gérard Pelhâte.

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