L'Auvergne Agricole 24 février 2016 à 08h00 | Par Michèle Boudoin

En quoi la production ovine n’est pas exempte de la crise

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Michèle Boudoin, Présidente de la FNO
Michèle Boudoin, Présidente de la FNO - © S.Chatenet

Lettre ouverte de Michèle Boudoin, Présidente de la FNO

 

Le monde agricole est actuellement en crise. Cette crise affecte toutes les productions, quelles que soient leurs spécificités, car la crise est partout ! La production ovine n’échappe malheureusement pas à cette situation.

Nous sommes, comme l’ensemble des filières animales, soumis à la volatilité des prix, à la concurrence internationale, aux charges et aux normes dont les conséquences sur notre revenu sont toujours plus dramatiques.

Nous subissons, depuis quelques années, une chute spectaculaire de la consommation, facteur ne faisant qu’aggraver la baisse des prix !

Les crises sanitaires ne nous épargnent pas non plus ! La FCO entrave aujourd’hui le commerce d’un grand nombre d’animaux et risque, avec la venue du printemps, d’affecter, comme en 2008, notre cheptel reproducteur.

Que dire également de la mise en place de la nouvelle PAC ! Une PAC en panne, dans une Europe en panne de projet agricole !

Enfin, comment ne pas citer un fléau bien propre à notre production : le loup ! Nous décrions depuis si longtemps cette injustice qui nous est imposée par une vision citadine pour ne pas dire strictement urbaine, sans que cette société civile-là ne mesure la désespérance et le désarroi qui déciment nos familles.

Pour toutes ces raisons et bien d’autres encore, la production ovine ne doit pas être oubliée dans les débats actuels !

Pour autant, nous avons pleinement conscience qu’il nous faut avancer et trouver des solutions qui nous permettront de survivre à cette crise ! Notre production a déjà connu, durant des décennies, de graves instants. C’est en nous servant de nos expériences du passé que nous pourrons, une nouvelle fois, relever les défis qui sont devant nous !

Notre principal combat est bien entendu celui du prix !

Pour cela, nous continuerons à revendiquer l’obtention d’un prix rémunérateur apportant de réelles perspectives de croissance aux éleveurs.

Ce prix, il ne se décrète pas, il nous faut le construire ! C’est en travaillant sur la contractualisation, l’adéquation entre l’offre et la demande et enfin la problématique de la consommation que nous pourrons parvenir à nos fins !

Le « manger français » doit devenir un automatisme d’achat et un acte citoyen ! Manger de l’agneau français, c’est préserver de nombreux emplois en France et maintenir le dynamisme économique de nos campagnes ! Manger de l’agneau français, c’est soutenir une filière qui garantit des produits de qualité et qui participe à l’entretien des paysages, de la biodiversité ! C’est pourquoi nous invitons l’ensemble des citoyens-consommateurs à manger de l’agneau français.

Nous devons, tous ensemble, producteurs, opérateurs, abatteurs, bouchers, grande distribution…. tirer la filière ovine vers la performance technique et économique pour faire en sorte que cette filière soit, demain, toujours présente et forte !

Nous comptons sur vous, sur votre soutien, pour construire la production ovine de demain !

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