L'Auvergne Agricole 24 février 2012 à 11h25 | Par Sophie Giraud

Production ovine - Comment attirer de nouvelles vocations ?

Le secteur ovin a besoin de producteurs. Malgré des perspectives plus clémentes et une dynamique de soutien attractive, les candidats à l’installation en élevage ovin restent trop peu nombreux.

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La tournée régionale FNO, s’est déroulée, la semaine dernière, à Aubière.
La tournée régionale FNO, s’est déroulée, la semaine dernière, à Aubière. - © S. Giraud

En amont du congrès national, prévu pour les 25 et 26 avril, à Châlon-en-Cham-pagne, la fédération nationale ovine a entamé son tour des régions. La semaine dernière, le secrétaire général adjoint, Jérôme Redoules, éleveur dans le Tarn, était présent en Auvergne. L’occasion pour lui de mesurer qu’ici comme ailleurs, on commence à se pencher sérieusement sur la question de la reconquête ovine. Une reconquête qui passe d’abord par l’émergence de nouveaux projets. «Nous avons tous les moyens pour accompagner les porteurs de projets, mais le problème c’est que nous n’avons pas les candidats», souligne Marion Vedel, des JA du Puy-de-Dôme. Un sentiment conforté par les chiffres, puisque les départements auvergnats installent respectivement moins de 10 jeunes en production ovine par an.

Et pourtant avec près de la moitié de ses producteurs à renouveler dans les années à venir, la filière ovine française va devoir installer de nouveaux éleveurs si elle souhaite maintenir son niveau de production.

 

Investissements

Elle bénéficie plus que jamais de nombreux atouts. Confortée par de nouvelles aides de la PAC en 2010, la profession d’éleveur ovin permet de dégager un revenu au moins équivalent à celui des au-tres productions. Bénéficiant d’une image positive auprès du grand public avec un rôle reconnu dans la préservation de la biodiversité et l’entretien des paysages, elle jouit également de perspectives de marché favorables (consommation mondiale d’agneaux prévue à la hausse et disponibilités sur le marché réduites pour les années à venir). A l’heure d’aujourd’hui, la production ovine française de viande d’agneau ne couvre que 45 % de la consommation intérieure. A cela s’ajoute des exploitations à reprendre du fait de nombreux départs à la retraite prévus dans les années à venir. «Nous avons des outils qui tournent, mais nous ne pouvons pas les transmettre, car l’investissement est trop important pour le jeune», estime Paul Bony, éleveur dans le Puy-de-Dôme. D’où la nécessité selon Michèle Boudouin, présidente de la section régionale ovine de la FNSEA Auvergne, «d’imaginer de nouveaux moyens de financement. L’idée que les cédants puissent être les premiers investisseurs ne doit pas être abandonnée».

 

 

Jérôme Recoules
est revenu sur le projet «reconquête ovine».
Jérôme Recoules est revenu sur le projet «reconquête ovine». - © S. Giraud

Un message optimiste

Pour susciter des vocations auprès des jeunes, des agriculteurs en recherche de diversification ou d’adultes en reconversion, la profession mise aussi sur la communication. «Des évènements comme les Ovinpiades ou encore les interventions des professionnels dans les lycées sont des initiatives intéressantes pour changer l’image de la production ovine», souligne Paul Bony. Des organismes comme l’Institut de l’élevage peuvent également apporter leur pierre à l’édifice. «Il y a des exploitations qui fonctionnent bien, y compris en Auvergne, qui ont su mettre en place des solutions pour éviter d’avoir à galérer pendant des années», insiste Gérard Servière de l’Institut de l’élevage.

Se donner des objectifs et des moyens pour y parvenir. Cette philosophie, Ludovic Padiolleau, la fait sienne au moment de franchir le pas de l’installation, il y a trois ans, dans l’Allier, du côté de Saint-Plaisir. «Quand j’ai souhaité m’installer en Gaec avec mes deux oncles, j’ai dit banco pour la production ovine, à condition de

s’équiper en outils de contention», se souvient le jeune homme. Finir courbé et complètement cassé à 40-50 ans, très peu pour lui, mais au-delà de la contrainte sécurité et santé, Ludovic savait que la contention était aussi synonyme d’un rendement de travail meil-leur.

Il ne s’était pas trompé. «Nous avons divisé la main-d’œuvre par trois, grâce aux équipements de contention et avec l’aide d’un chien de troupeau».

Des exemples comme celui de Ludovic méritent d’être mis en avant. Pour lui, il est essentiel de rencontrer les jeunes et de leur livrer un message positif. La profession s’y emploie.

 

Au fil des initiatives

 

Sensibiliser les cédants

Dans le Puy-de-Dôme, la chambre d’agriculture en partenariat avec la FDO, mène un travail de prospection auprès des cédants. «L’idée est de sensibiliser les cédants à la transmission, de les interroger sur leur vision, leurs objectifs», explique Magali Boulleau, directrice de la Chambre d’agriculture.

Gagnant-gagnant

L’organisation de producteurs, Copagno vient de mettre en place un programme de développement en partenariat avec les autres acteurs de la filière (Groupe Bigard «agneaux label rouge», arcadie «agneaux EQC», Limagrain, Tellus, Eurena et ROM SELECTION), visant à accroître les troupeaux existants de plus de 100 brebis et à aider l’installation de nouveaux adhérents, d’au moins 100 brebis. Ce programme se matérialise par un soutien financier en échange d’un contrat de 5 ans. L’objectif est d’aider au financement de 3000 nouvelles agnelles-brebis par an durant cinq ans.

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