L'Auvergne Agricole 10 novembre 2015 à 08h00 | Par Mélodie Comte

Chouchouter les génisses dès leurs premières heures de vie

Les génisses de la naissance à 6 mois doivent bénéficier de soins particuliers afin d’éviter des mortalités importantes et leur assurer un avenir laitier serein.

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Lors de cette journée sur l’élevage des génisses, le Conseil élevage a mis l’accent sur l’importance d’apporter un soin particulier dès les premières heures de la naissance de l’animal.
Lors de cette journée sur l’élevage des génisses, le Conseil élevage a mis l’accent sur l’importance d’apporter un soin particulier dès les premières heures de la naissance de l’animal. - © M. Comte

Assurer l’avenir du troupeau laitier, une préoccupation propre à tous les éleveurs. C’est pourquoi le Conseil élevage du Puy-de-Dôme a organisé le 3 novembre dernier, une journée consacrée à l’élevage des génisses de 0 à 6 mois. L’objectif: échanger sur les résultats d’une enquête menée dans le département et les différentes pratiques d’élevage. Sur ce dernier point, David Plouzin de la ferme expérimentale des Trinottières à Angers est revenu sur l’importance du colostrum.

 

Comprendre la mortalité

Face au constat du taux élevé de mortalité des veaux dans le Puy-de-Dôme (comme au plan régional et national), le Conseil élevage a conduit une enquête dans 49 élevages afin de déterminer les facteurs influents. Le premier groupe d’élevages présente un taux de mortalité inférieur à 6% et le second un taux supérieur à 20%. Les résultats de cette étude révèlent dans un premier temps que les veaux mâles, femelles, en pures ou croisés présentent une mortalité similaire, quel que soit l’élevage étudié. Au regard des chiffres, les premières 48 heures sont primordiales puisque la moitié des veaux morts sont décédés dans ce laps de temps. Après analyse et croisement des données (taille du troupeau, moyenne de lait/VL, IVV troupeau, nombre VL/UTH…), le Conseil élevage a établi plusieurs facteurs expliquant la différence entre les deux groupes.

 

Des facteurs très influents

Dans le premier groupe, les techniciens ont révélé une situation sanitaire et un encadrement au vêlage plus favorables. A contrario dans le second, ils notent une pression microbienne plus forte et des soins aux veaux plus aléatoires. En effet, 60% des éleveurs ne préservent pas l’intégrité thermique de l’animal, exposé au froid voire aux courants d’air. Viennent ensuite la surveillance et le logement où le premier groupe d’élevage se distingue par une détection plus rapide des premiers signes de maladies et de meilleures conditions de logements avec une désinfection et un vide sanitaire systématique entre les vêlages. Cette étude met ainsi en évidence les principaux facteurs à risque : les pathologies respiratoires, le logement et l’ambiance dans les bâtiments, le vide sanitaire, la détection et gestion des maladies, taille du troupeau, type de buvée, colostrum…

Le premier repas primordial

Des éléments repris par David Plouzin, éleveur de la Ferme expérimentale des Trinottières à Angers. L’élevage compte pas moins de 120 vaches de race Prim’Holstein et une production de 1 000 000 litres de lait. Avec 100 génisses de renouvellement, autant dire qu’il est particulièrement vigilant aux premières heures de leur vie. «Les six premiers mois de la génisses sont primordiaux. Elles sont en plein développement squelettique. Le retard de croissance n’est pas permis». Alors l’éleveur veille d’abord à ce que les veaux boivent convenablement la première traite. «Un veau mal démarré aura des difficultés plus tard pour prendre du poids. Le colostrum est indispensable à condition qu’il soit de bonne qualité. Je conseille d’avoir une banque à colostrum (un congélateur) pour conserver les sécrétions lactées de très bonnes qualités, au cas où une vache venant de vêler, n’en ait pas de bon. Le réfractomètre est à mon avis l’outil le plus adéquat pour déterminer sa qualité. De plus, il ne faut pas attendre pour donner le colostrum au veau parce que sa concentration en anticorps diminue dans le temps». Un bon départ dans la vie, c’est donc un très bon premier repas ! Comme quoi il faut bien manger pour bien vivre…

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