L'Auvergne Agricole 14 juin 2012 à 11h03 | Par C.Rolle

Copagno - La filière ovine soudée autour de la production et de son développement

La coopérative ovine décide de miser sur le développement de la filière en accompagnant financièrement l’acquisition de cheptel et en poursuivant la restructuration de la filière.

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Hubert Charlas, Jean-Yves Foucault, Gabriel Pecoul, Ludovic Lecœur, Jean-Luc Chauvel, partenaires du plan de développement Copagno.
Hubert Charlas, Jean-Yves Foucault, Gabriel Pecoul, Ludovic Lecœur, Jean-Luc Chauvel, partenaires du plan de développement Copagno. - © C. Rolle

Malgré l’embellie générée par le bilan de santé de la Pac et la rémunération revalorisée des agneaux, Copagno dresse un bilan mitigé de son activité 2011, avec comme fait marquant la poursuite d’une décroissance du nombre de brebis et le non renouvellement des élevages en cessation d’activité. Une situation instable qui fragilise l’ensemble de la filière ovine régionale mais contre laquelle la coopérative et ses partenaires ont décidé de lutter. Leur arme ? Miser sur le développement à long terme en accompagnant l’installation de nouveaux éleveurs et l’accroissement de cheptels existants. Cette idée a donné naissance au « plan de développement » de Copagno ; il a été présenté le 5 juin dernier à l’occasion de l’assemblée générale de la coopérative.

 

Le coup de pouce à l’acquisition de cheptel

Développée en partenariat avec des abatteurs/ transformateurs (Arcadie et Bigard), des fabricants d’aliments (Eurena et Tellus) et l’unité de sélection ROM Sélection, cette démarche a pour objectif d’aider financièrement à l’acquisition de cheptels pour le développement. En contre- partie de ce soutien, le producteur s’engage à livrer 100% de sa production à Copagno pendant 5 ans et à soumettre son cheptel au suivi d’un technicien de la coopérative. Le plan de développement propose plusieurs niveaux d’aide au choix du producteur et parmi 4 options. Le montant de l’aide par brebis varie ainsi de 15 € minimum à 30 € maximum.

 

Un partenariat fort de la filière

Réunis à l’occasion d’une table ronde, les acteurs du plan de développement Copagno ont argumenté en sa faveur. Pierre Varigas, directeur général de la société d’abattage et de transformation Arcadie Sud-Ouest a qualifié la démarche d’«intéressante». «C’est une aide individualisée à l’éleveur qui pérennise la production et l’ensemble de la filière. C’est aussi un soutien qui peut donner envie à des jeunes de reprendre la production ». Pour Jean-Luc Chauvel, président de ROM Sélection, la démarche est positive. « En couplant les 3 secteurs clés : abattoirs, génétique, fournisseurs d’aliments, on assure la réussite d’un élevage. Mais nul n’est candide ! C’est aussi un outil pour garantir un potentiel de production et satisfaire l’équilibre de chaque maillon de la filière. C’est du gagnant/gagnant ! Notre intérêt à tous est qu’il y ait du mouton partout en quantité et qualité, et adapté au milieu dans lequel il évolue. » Le discours est identique du côté des représentants des fabricants d’aliments qui voient dans l’opération « une occasion de maintenir de l’économie agricole partout, y compris dans les zones les plus difficiles d’accès, où seule la production ovine peut intervenir et jouer aussi un rôle d’aménageur et d’entretien d’espaces » expliquent Ludovic Lecœur, directeur d’Eurena, et Gabriel Pecoul, directeur commercial porc et ruminant pour la marque Tellus.

Pour Hubert Charlas, responsable de la filière ovine chez Bigard « le plan de développement de Copagno est un signal positif pour stopper l’hémorragie de producteurs. Mais il faut aller au-delà en incitant les éleveurs à relever le défi de la qualité et de l’adéquation au marché ; la filière ovine doit travailler davantage sur sa productivité. Il n’y a pas de solution miracle mais une combinaison de différents éléments qui contribueront à renforcer la production régionale ». Parmi ceux-ci, les intervenants de la table ronde évoquent bien sûr l’amélioration de la productivité et de la gestion du troupeau mais aussi l’optimisation du coût alimentaire et l’amélioration de l’état sanitaire. Jean Yves Foucault, président de Limagrain et producteur ovin avant tout, a salué la démarche de Copagno qui «remet enfin la production au centre du débat. Ne pas oublier le rôle de la production et mettre l’accent sur l’autonomie fourragère sont deux conditions de réussite».

 

Poursuite de la restructuration

L’année 2011 a aussi été l’occasion pour Copagno de poursuivre la restructuration de la filière ovine. La dernière en date est son rapprochement avec la branche ovine de Socaviac débuté en 2008 et finalisé en 2012. Les adhérents de Socaviac deviennent ainsi adhérents de Copagno, entraînant l’extension de la zone de reconnaissance de la coopérative aux départements du Cher et de la Creuse et l’optimisation du cheptel commun à près de 120 000 têtes.

Dans le sillon de ce regroupement, un protocole d’accord a été proposé pour finaliser le travail entrepris avec Terre d’Ovin. « L’objectif du projet est la mise en commun, au sein de l’union de coopératives Feder, du commerce et des moyens qui y sont liés, autour de nos activités respectives et dans le respect de l’identité des Coopératives de base » a expliqué le président Paul Bony. «Nous devons être attentifs à l’écoute des nouveaux marchés rémunérateurs, accompagner techniquement les productions pour une adéquation offre-marché et proposer aux producteurs une offre complète et compétitive ».

Au 1er janvier 2013 Copagno entrera ainsi dans le Feder et portera l’effectif ovin de l’union des coopératives à 167 000 ovins.

 

- © C Rolle

Il a dit...

Serge Préveraud, président de la Fno

«La démarche de Copagno a su rassembler tous les maillons de la filière. C’est le collectif qui a toujours fait l’évolution et les révolutions. Le facteur de réussite n°1 est la productivité et la performance de l’exploitation. Il ne faut pas croire que l’on peut vivre que des aides ! »

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