L'Auvergne Agricole 13 janvier 2016 à 08h00 | Par Mélodie Comte

Les betteraviers auvergnats cherchent à optimiser leur productivité

Fertilisation, désherbage, ravageurs et irrigation ont été au cœur de la campagne 2015 et du comité technique de la Sucrerie de Bourdon et de l’Institut Technique de la Betterave.

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Lors du Comité technique, les différents représentants et techniciens de la Sucrerie de Bourdon et de l’Institut Technique de la Betterave ont répondu aux questions des producteurs.
Lors du Comité technique, les différents représentants et techniciens de la Sucrerie de Bourdon et de l’Institut Technique de la Betterave ont répondu aux questions des producteurs. - © M.COMTE

année, c’est commencer par faire le point ! La Sucrerie de Bourdon et l’Institut Technique de la Betterave ont organisé le 6 janvier un comité technique pour les producteurs auvergnats. Fertilisation, désherbage, ravageurs et irrigation ont été les grands sujets de cette rencontre où les techniciens de la sucrerie ont encouragé les betteraviers à améliorer encore leurs pratiques pour plus de compétitivité.

 

L’eau au cœur de la réussite

On ne le redira jamais assez : 2015, l’année culturale à oublier. Les premiers mois de l’année donnent le ton avec des sols d’abord trop humides puis trop secs pour être travaillés. Le manque d’eau dès avril oblige les producteurs à irriguer les semis pour une levée rapide et homogène. Au fil des semaines, la sécheresse s’installe faisant craindre le pire. Finalement, avec une moyenne de 81 tonnes à l’hectare, la betterave réalise l’exploit d’offrir un rendement inespéré. Encore une fois, l’irrigation a joué son rôle mais trop de producteurs n’ont pas accès à cette ressource en eau. A la Sucrerie de Bourdon ce problème est au cœur des préoccupations comme l’explique Christophe Cicierski , technicien: «nous travaillons au déploiement du réseau d’irrigation dont la réalisation dépend du développement des réserves collinaires.»

 

Dégâts des ravageurs

Outre ce débat, un autre sujet agite les esprits dans la salle de Chappes. Jusque- là peu touchés, les producteurs de betteraves doivent affronter une recrudescence de campagnols des champs et de ragondins. Les ravageurs dévorent les jeunes plantes provoquant dans certains secteurs, des dégâts importants. Sandrine Laffont de la Fdgdon 63 rappelle les moyens de lutte et surtout qu’il ne faut pas attendre d’être envahi pour agir. « L’empoisonnement des campagnols est soumis à déclaration en mairie et doit être réalisé en dessous d’un seuil d’infestation de 33%. En ce qui concerne le ragondin, il doit être chassé ou piégé par des personnes agréées. Les agriculteurs peuvent néanmoins utiliser des pièges cages après les avoir déclarées en mairie et en s’engageant à les relever tous les matins. La lutte collective des ravageurs est indispensable.»

A la recherche de l’optimisation

Un comité technique également placé sous le signe de la fertilisation. A ce jour, seulement un tiers des parcelles sont soumises à un reliquat azoté. « La fertilisation représente une charge importante. Il faut optimiser la dose pour obtenir un équilibre entre le coût et la production » explique Christophe Cicierski. Depuis 2011, 22 essais sont conduits et permettent aujourd’hui d’affirmer que la sur-fertilisation ne permet pas une augmentation de rendement, au-delà du rendement optimal (obtenu avec la dose de fertilisation conseillée). De plus, l’apport en localisé (au semis et par enfouissement) se révèle être la méthode la plus efficace. «Les résultats au démarrage sont meilleurs avec une couverture du sol plus rapide.»

La Sucrerie de Bourdon, conjointement avec l’Institut Technique de la Betterave, poursuit ses expérimentations sur le désherbage. En Auvergne, les graminées deviennent problématiques tout comme l’ambroisie. Si l’association d’une rotation réfléchie et l’utilisation appropriée des produits semblent être efficaces sur les graminées, les producteurs connaissent des difficultés à vaincre l’ambroisie. La Sucrerie de Bourdon, dont les essais sont concentrés sur l’efficacité des produits, reconnaît qu’à ce jour aucune molécule n’est réellement opérante sur l’ambroisie.

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