L'Auvergne Agricole 30 mars 2016 à 08h00 | Par Mélodie Comte

Plus d’investissement à la construction mais moins de paille à l’utilisation

Les éleveurs le savent, le paillage est une contrainte de temps et d’argent. De ce fait, ils sont nombreux à construire des bâtiments logettes où la paille est utilisée avec parcimonie

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Au Gaec de Pierre Blanche, les éleveurs ont fait le choix d’un bâtiment logettes, plus cher qu’une aire paillée mais plus économe en paille.
Au Gaec de Pierre Blanche, les éleveurs ont fait le choix d’un bâtiment logettes, plus cher qu’une aire paillée mais plus économe en paille. - © M.Comte

La paille dont le prix peu atteindre des sommets, est une contrainte non négligeable dans un élevage. Beaucoup d’éleveurs l’ont compris et construisent désormais des stabulations peu consommatrices de paille.

 

Des logettes tout confort

Les bâtiments logettes se multiplient depuis plusieurs années dans le Puy-de-Dôme. Fonctionnels, confortables et avec un coût de fonctionnement réduit, ils apparaissent comme les plus adaptés à la production laitière. Bien aménagé et équipé, ce type de bâtiment devient sur le court terme un gain de temps et sur le long terme un gain d’argent.

Souvent équipé d’un racleur automatique, l’outil permet à la fois de réduire le temps de travail des éleveurs et d’avoir des vaches plus propres. Les matelas dans les logettes offrent également un confort optimal aux animaux et permettent d’éviter les blessures suite aux frottements. Ces matériaux évoluent chaque année. Certains concepteurs vont même jusqu’à réaliser des matelas en caoutchouc recyclé et des genouillères gonflées à l’eau pour apporter encore plus de confort aux animaux. De nombreux outils ont également été conçus pour faciliter le travail de l’éleveur. À l’image des tapis de distribution pour le fourrage ou encore les distributeurs automatiques de concentrés (DAC).

 

Très cher bâtiment

La seule limite des bâtiments logettes reste l’investissement de départ. Le prix freine de nombreux éleveurs. «Il est légitime de penser au coût de construction mais il faut aussi calculer le coût de fonctionnement. Un bâtiment, on le paye durant un temps donné. Son fonctionnement, on le paye durant toute sa durée de vie. On ne change pas de bâtiment comme de chaussettes !

Encore aujourd’hui, certains éleveurs préfèrent l’aire paillée parce qu’à la construction elle est peu onéreuse. Une fosse avec des logettes demande certes un investissement plus important mais elle est moins consommatrice de paille» explique Eliane Teissandier, conseillère bâtiment à l’Établissement départemental d’élevage (EDE).

Paroles d’utilisateurs

C’est dans cette idée de réduire les coûts de fonctionnement qu’au Gaec de Pierre Blanche, près de la Chapelle-Agnon, la famille Pouyade a construit un bâtiment logette. En service depuis fin 2014, il leur a permis d’augmenter le troupeau, leur production et surtout de travailler dans de meilleures conditions. «Avant, nos animaux étaient dans une étable entravée. La traite était longue et difficile. De plus, nous consommions beaucoup de paille. Le choix du bâtiment logette a vraiment été motivé par l’autonomie de la paille. Le prix à la construction est plus élevé qu’une aire paillée mais désormais, nous utilisons seulement une botte de paille de 400 Kg/mois. Nos 13 ha de céréales suffisent à notre consommation» commente Nicolas Pouyade.

Equipé d’un racleur automatique, de trois DAC et de 70 logettes avec matelas, le temps de travail des éleveurs a presque été divisé par deux. Le bâtiment de 45 mètres de long et 27 mètres de large est entièrement en bois, naturellement ventilé et compte de nombreux panneaux translucides. Le confort à la fois pour les hommes et les vaches est indéniable. «Avec un an et demi de recul, nous ne regrettons rien. La luminosité du bâtiment est très agréable. On se déplace facilement dans le bâtiment, que ce soit à pied ou en tracteur. Les vaches sont calmes et on voit qu’elles sont bien dans les logettes. Nous avons le projet de l’agrandir pour installer des box supplémentaires pour les vaches taries.» Au total, le Gaec de Pierre Blanche a investi environ 400 000 €, tout compris (salle de traite, DAC, racleur, logettes, charpente…), dans son bâtiment.

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